La première cigarette que l´adolescent
fume est écœurante, elle le rend malade.
Cette réaction lui donne
l´information d´une vérité, il sait naturellement que le fait de fumer est mauvais
pour sa santé.
S´il était libre, il ne recommencerait sûrement
pas, mais tout le monde autour de lui le pousse à dépasser ces premiers
déplaisirs, tout le monde lui dit qu´il doit trouver du plaisir à fumer,
aussi continuera-t-il jusqu´à ce qu´il en trouve.
En fait, ce qui est attristant dans ce constat, c´est de voir que l´homme peut se conditionner à
n´importe quel comportement, même le plus aberrant !
Et si on lui dit qu´il doit y trouver du plaisir, il finira par se convaincre qu´il en trouve.
Ainsi, petit à petit, le plaisir naîtra dans le contentement de l´habitude
mais le plaisir n´est alors qu´une invention liée à cette habitude.
La cigarette est une invention de l´homme et il est prouvé que ses effets de
drogue sont faibles, pratiquement inexistants et donc purement psychologiques.
La cigarette est un
placébo mental.
Ce qui est inquiétant, c´est de voir le nombre de
personnes qui ont besoin de ce placébo.
A tous les niveaux sociaux, rappelez-vous le cigare de Churchill, indispensable à son
comportement et on se demande même si ce personnage aurait existé sans
son cigare. Hériot et sa pipe, etc....
La cigarette finit ainsi par remplacer chez l´adulte la tétine de l´enfant.
Elle libère en lui des mécanismes d´illusion, de plaisir qui vont
estomper l´impact du réel.
Qu´il ait un problème
à résoudre, une situation angoissante à affronter, il en diminuera le
stress par une cigarette ou encore un verre d´alcool ou un euphorisant.
De toute
façon, le résultat est le même, ces drogues psychologiques démontrent une
faiblesse de l´être humain.
Elles sont là pour empêcher l´homme de s´assumer en
totalité, elles le déchargent d´une partie de lui-même, elles lui
rendent acceptable une réalité qui ne le serait pas sans elles, mais
s´est-on posé la question de savoir si le fait d´être
angoissé par une situation, n´était pas un bien ?
Cette angoisse est peut-être un signal d´alarme qui avertit l´homme de la
limite de ce qu´il ne doit plus accepter dans l´absurdité de la vie
moderne sous peine de disparaître.
Qu´il y ait angoisse, puis révolte
devant les carcans de paperasses, les carcans de règlements de toutes sortes
qui étouffent la vie de tous les jours, c´est peut-être un bien
qu´il n´y a pas lieu d´effacer par une cigarette ?
Cette colère sourde
est légitime, elle menace peut-être ceux qui instaurent ces carcans, ceux qui notons-le sont
plutôt bénéficiaires de la consommation en masse du tabac.
La cigarette comme l´alcool, ou tout autre dérivatif,
sont des moyens de fuir le réel et bloquent l´évolution mentale de
l´individu.
La peur, l´angoisse sont révélatrices des limites de la conscience
d´un être, de ce qu´il peut accepter et de ce qu´il ne peut pas
encore comprendre.
S´il veut évoluer, il doit en tenir compte, s´élargir,
lâcher un moment ses certitudes rassurantes pour comprendre au-delà.
Il réalisera alors que sa peur n´était qu´une illusion, comme la
peur de l´enfant devant quelque chose qu´il ne connaît pas encore.
L´angoisse précède l´inconnu, le problème non encore
résolu par une prise de conscience, il n´est pas souhaitable de la faire disparaître
systématiquement comme on le fait aujourd´hui.
Que l´on soigne une personne dont l´angoisse est démesurée,
maladive, dont l´angoisse est telle qu´elle ne pourra être
dépassée par une compréhension, cela se conçoit.
Mais
en gommant toutes formes d´angoisses on interdit l´évolution
mentale de l´homme. Voilà l´erreur !