Pollution, au sens éthymologique du terme,
désigne la profanation, le sacrilège. L´usage de ce mot
réservé au temple, aux objets du culte, n´a rien d´excessif quand
nous l´appliquons, présentement, à la Nature. Les hommes de la
Renaissance percevaient encore dans un bois, le sanctuaire, invoquaient les nymphes de
la forêt de Gastine et le Poète pouvait écrire :
La Nature est un temple où de
vivants piliers
Laissent parfois sortir
de confuses paroles ; "
Pollution des eaux et des terres, pollution des airs à l´échelle de la
planète... Seul, le feu semble échapper à cette menace, mais menace
lui-même !
Impuissants devant nos déchets, nos scories, nous brûlons, enterrons,
immergeons, aussitôt assaillis que débarrassés, pris de vitesse par
un cycle sans fin.
En effet, si tout naturellement, se résorbe, se consume, se putréfie, se
dissout pour réapparaître sous une autre forme de vie, c´est par un lent
processus de mutation que s´opère cette chaîne.
Nous devons notre vie
à cette règle immuable.
Si l´homme n´est apparu que très longtemps après la formation de la Terre
et longtemps après l´apparition d´animaux préhistoriques,
c´est que le point d´évolution propice n´était pas encore
atteint.
Il fallait que la Terre fût stabilisée, qu´un certain
équilibre entre tous les éléments fût réalisé.
Pour que la vie des hommes fût possible, il fallait que ce lent travail de
transmutation se fût opéré, que les forêts anéanties dans
les entrailles de la terre se fussent transformées en charbon, que les métaux,
les minéraux formés enfin fussent à l´abri dans leur gangue, que
les eaux, porteuses de vie, aient accompli leur cycle dans l´atmosphère et les
grottes profondes.
L´existence de l´homme n´était possible
qu´à cette seule condition et c´est à ce moment privilégié
que l´homme doit aussi son intelligence et sa conscience.
Nous sommes la
conséquence de cette évolution à la fois très longue et
très précaire.
Sans ce lent processus de transmutation à
l´échelle du globe terrestre, nous ne serions pas, nous n´existerions pas!
Pour un chimiste, pour un biologiste, qu´est-ce que la stabilisation ?
C´est l´arrêt des réactions acide et alcaline, c´est la
neutralité obtenue.
Nous calculons pour cela le pH et le rH d´un corps,
sa résistivité.
Plus l´énergie résultante est grande,
plus violente est la réaction et la pollution considérable. Au contraire, si
l´énergie finale est faible, on a obtenu la stabilisation et la Vie
apparaît sans heurt.
La maladie n´est rien d´autre qu´une réaction,
qu´une agression contre l´équilibre et, par là-même,
elle est déséquilibre.
Sans les arbres qui recouvraient le globe terrestre, à
l´apparition des hominiens, il n´y aurait pas eu stabilisation :
c´était le manteau protecteur qui a permis la vie du corps et de l´esprit,
comme dans l´éther, nous protège la ceinture de Van Allen.
Tout ce qui existe sur terre a un rôle.
Il n´y a pas de mauvaises herbes
à éliminer, de nuisibles à détruire.
On peut comparer ce que
nous considérons comme des erreurs de la nature ou de la création, au pH et au rH
d´un corps chimique.
Ils sont utiles, nécessaires, voire indispensables
tous les deux, à condition que l´équilibre, entre eux, soit
respecté.
Quand on utilise des désherbants que fait-on ?
Est-ce la
solution pour conserver ce que Dieu nous a donné ?
L´homme contemporain respecte-t-il cet équilibre, à la fois si fragile
et si longtemps attendu ?
Va t-il détruire en quelques années ce qui a
mis des millions d´années à s´élaborer pour assurer sa
propre existence ?
Les " mauvaises herbes " sont là pour parer aux carences du sol, comme les
animaux dits " nuisibles " sont nécessaires à la vie des "
utiles ".
L´équilibre naturel s´était maintenu
jusqu´à nous avec la complicité des hommes attentifs, depuis le
commencement des âges, à cette leçon que le monde animal et
végétal nous enseignait au fil des saisons : ce sont les maillons d´une
chaîne étroitement liés et dépendants.
Aussi, quand la Révolution Industrielle a déferlé sur l´Ancien et
le Nouveau Monde, la rupture s´est opérée, l´équilibre a
été rompu.
La recherche effrénée des sources
d´énergie et des matières premières a mis en coupe sombre le sol
et le sous-sol.
L´accroissement de la production industrielle repose
nécessairement sur l´essor démographique qui fournira main-d´oeuvre
et consommateurs. Ceci remet en question l´agriculture traditionelle et
l´oriente vers un nouveau type d´exploitation des sols et de nouvelles cultures.
Au cours de cette deuxième moitié du XXème siècle, on
a pu parler d´explosion démographique et ce " baby boom "
s´inscrit comme un autre desêquilibre résultant de facteurs
économiques mais aussi de la suppression de la sélection naturelle.
L´agriculture des pays riches, plus soucieuse de vendre que de nourrir, épuise
la terre de ses forces vives, sans souci des générations à venir.
Il n´y a pas si longtemps encore, le souci des paysans était, de faire des
produits de qualité, de rentrer de bonnes récoltes, les deux allant de paire ;
le souci de nos techniciens est de substituer à la qualité, la quantité,
d´écouler sur les marchés proches ou lointains, des produits
traités, calibrés, stéréotypés et de remplacer rendement
par surproduction.
Plants sélectionnés, hybrides obtenus en laboratoires,
engrais chimiques, désherbants, pesticides ont bouleversé la nature et le
paysage, ont détruit cet équilibre si soigneusement entretenu et si longtemps
attendu.
Ces cultures privées de " Vie " exigent, pour de plus grands rendements,
énormément d´eau : Par l´arrosage massif des plantes traitées,
des terres riches d´engrais, nous commençons à perturber le cycle de
l´eau. Sources et puits analysés révèlent une
quantité inquiétante de nitrates et autres polluants.
Les nappes phréatiques se sont
vidées pour des couches plus profondes et ne recueillent que les eaux de surface qui
ont lavé les sols.
L´eau qui entre dans la composition des tissus sous
forme de sève, de sang, véhicule tous ces poisons.
Jusqu´à
l´eau de pluie qui s´acidifie de plus en plus par la pollution de l´air et
qui ne sera plus utilisable d´ici quelques années.
Le facteur (pH rH)/r
devient de plus en plus fort.
Est-il bon de répéter encore que des millions d´années ont
été nécessaires pour l´apparition de l´homme ? et cela par
un équilibre prodigieux de la Nature et des Éléments.
En
créant ce déséquilibre, l´humanité s´engage dans un
processus irréversible et risque de déboucher sur une autre forme de vie.
C´est un signe précurseur de la fin de l´humanité.
Bien des gens sont heureux des transformations morphologiques que l´on observe chez
les adolescents : les nouvelles générations sont plus grandes, plus minces,
mais aussi plus androgynes que par le passé.
Nos jeunes conscrits n´entrent
pas dans les armures du moyen âge, mais ne peuvent plus soulever le poids des armes que
faisaient tournoyer nos aïeux !
Les races avaient évolué lentement au cours des siècles, les tailles
avaient gagné quelques centimètres et l´espérance de vie quelques
années.
De nos jours, en l´espace de deux générations,
l´on assiste à une accélération sans exemple de la modification
des caractères habituels.
L´espèce humaine n´a pas
échappé, elle non plus, à cette mutation inquiétante, non pas
œuvre de Nature, mais œuvre d´homme.
Nous allons devoir payer très cher ce dont nous sommes responsables : Surproduction
et chômage, surpopulation, problème de la faim, pollution, nuisances, sans
l´épuisement prochain des matières premières et des sources
d´énergie que nous léguons, avec nos déchets à nos petits
enfants.
Quelques siècles plus tôt, Colbert faisait planter la
forêt de Tronçay pour la marine, à voile des hommes du
XXème siècle...
Il y a un choix à faire, c´est le choix du dernier instant, pour ceux qui ont
pris conscience de ce qui les entoure, de ce qui les fait vivre et leur donne une raison
vivre.