RB Mémoire de Dieu
L´histoire du Messager
La mission d´RB sur Fomalhaut
L´histoire de la Terre
La deuxième moitié du cycle
Le passé de Fo
Le présent des hommes
Le Dieu Fo prisonnier
Le devenir du Cycle
La parole de Fo
Le Sage avait interrompu son récit quelques secondes, son regard
s´était fait plus lointain.
Dehors, le Soleil avait pâli. Dans
la maison plus sombre, l´enfant respecta son silence puis il l´interrogea.
- Pourtant, des enseignements du Messager depuis l´ère des Poissons, il
doit bien nous en être resté quelques écrits ?
Sous quels noms
est-il venu ?
L´homme sourit, l´œil un peu moqueur.
- Cherche un peu par toi-même, mais saches que parmi les noms que prit le
Messager certains sont célèbres, d´autres pas.
Il se fit
parfois philosophe, parfois conteur car la trop grande simplicité de la
Vérité choque les hommes bardés de Savoir et il faut la leur
proposer imagée pour surprendre le raisonneur et glisser en lui
jusqu´à leur petite flamme intérieure pour qu´elle
s´embrase.
Mais aujourd´hui, certaines choses doivent être dites clairement et je
dois reprendre mon récit.
Le Messager est là pour transmettre le message de la Loi divine afin que celui
qui sera choisi pour sa foi puisse, avec la Loi, devenir le roi de ce monde, le roi en
Esprit.
Le Messager doit transmettre la Loi. Là s´arrête
son rôle.
Il n´a pas le droit d´intervenir et ceux qui
l´écoutent doivent faire d´eux-même le chemin vers la
Vérité. Le Grand Secret ? personne ne peut le révéler
car c´est le secret de la Vie et la Vie ne peut que s´éclore dans
le cœur de celui qui aura su la faire fleurir par le travail intérieur,
le douloureux déshabillage de toutes les erreurs.
C´est pourquoi la tâche du Messager est si délicate.
Au cours de l´ère des Poissons, le Messager avait bien initié
à la connaissance des hommes réceptifs mais très vite le Savoir
se sclérosait, se desséchait, devenait grimoires poussièreux...
Il devenait connaissance apprise, linéaire, dogmatique, propriété
de religions, de sectes occultes, prétexte à l´assouvissement de la
volonté de puissance de quelques-uns.
Sur quelques bases de cette connaissance, sont nées des sociétés
secrètes qui se prétendent chacune unique détentrice du Savoir.
Savoir tronqué, incomplet, souvent au service d´êtres malfaisants
ou ignorants, spécialistes bornés d´une spiritualité en
miettes !
La fin de l´ère des Poissons s´approchait et avec elle, celle du
cycle entier.
Sur Terre l´absurde devenait le critère du vrai.
La Terre était aux mains de technocrates cravatés et prétentieux.
Le but de ces modèles était le perfectionnement maladif au
détriment de tous et de tout.
Reniant leur origine, les hommes se hissaient
eux-mêmes sur le trône divin, autant de petits dieux que d´individus,
chacun voulant régir l´autre, orgueilleux de soi-même,
méprisant et intolérant vis-à-vis d´autrui.
Les hommes, si peu disponibles, se muraient de plus en plus.
Quel message, même divin, aurait pu toucher ces cœurs de pierre ?
Tout allait à l´envers !
Au nom du dieu Economie, ils jetaient par milliers les fruits de leur Terre
nourricière, aboutissement de milliards d´années
d´évolution, récompense du lent travail de toutes les
espèces, Terre-Mère que les dinosaures avaient labouré et
enfumé jusqu´à en mourir.
La douleur des dos courbés de générations de paysans, la douleur
des animaux attelés au joug, l´obscur travail de toute la nature,
l´homme s´en riait, inconscient. Au lieu de cueillir avec respect le fruit
de tant de souffrances..
Homme assassin de sa Terre !
Homme assassin de ses frères !
Non content de jeter, la nourriture alors que les trois-quarts de ses semblables
meurent de faim, il tue aussi sa Terre-Mère par les engrais, la pollution des
eaux, la destruction des espèces animales et végétales...
Une génération de technocrates allait suffire pour détruire la
récompense des efforts de centaines de générations dans le
passé, pour détruire la possibilité de survie des
générations à venir.
Homme assassin de ses enfants et petits-enfants !
Tout celà au nom d´une logique : " Cela reviendrait trop cher de
garder ces fruits !" disent les nouveaux maîtres, les économistes.
- Objectivement - Logiquement -, oui, mais au nom de la logique folle d´un
système fou, science sans âme faite pour perpétuer la domination
des puissants mais qui en fait, suprême ironie, ne les mène
qu´à leur perte, entrainant le reste de l´humanité avec eux.
Ainsi, les hommes avaient pour idole le dieu Or, la mesure
étalon de toutes choses ici-bas, colosse aux pieds d´argile enchassé au
fond une grande illusion mais dont la chute bénie pour ceux qui savent serait
douloureuse pour la masse.
Bien entendu, les hommes tous en cœur,
fêtaient comme leurs héros, leurs génies, les plus bornés
et les plus puissants, de tous les assassins, les assassins de leur avenir, les
savants atomistes, nobelisés et enrubannés à qui mieux-mieux,
qui avaient livré à leurs semblables cette arme effroyable, oubliant
qu´ils n´étaient encore que des êtres ignorants et
malfaisants.
Tant de diplômes et un oubli si essentiel !
Tout concourrait à la catastrophe...
Assassin de sa Terre, assassin de ses frères humains et de ses frères animaux,
assassin de son avenir,l´homme l´était aussi de l´Amour.
Car, au nom de l´Amour, ce qu´il avait de plus cher au monde : ses propres
enfants, il se reproduisait à l´envie sur une planète dont les
ressources diminuaient sans cesse. Pour l´amour des siens, il privait les
enfants des autres d´une nourriture suffisante.
Par amour, il tuait !
Malheureux l´amour qui dépend du corps ! Plus précisément,
malheureuse l´âme : AM qui appartient à Dieu
UR, l´âme divine qui dépend du corps.
Cette humanité en souffrance dans un chaos d´idéologies,
inévitablement ne recherchait plus que l´oubli, l´oubli
d´elle-même, la mort en finalité.
- " Métro, boulot, dodo " pour les plus défavorisés,
mais aussi :
- " bagnole, bureau, club Méd " des nantis révélait en
fin de compte le même vide.
Tout, plutôt que se retrouver face à soi-même.
Du pain et des jeux !
Le travail des hommes participait de cette même course
à l´oubli : travaillons, soyons utiles dans l´inutilité de
cette civilisation plutôt que d´ouvrir les yeux !
Etre le plus important de ces joueurs dérisoires, tel était le but de
chacun, c´était la course au pouvoir.
Les machines à oublier faisaient recette, télévisions, stades
pleins à craquer, drogue pour la jeunesse inquiète et
idéologies à la mode pour intellectuels...
La voix s´apaisa, l´enfant avait écouté, accablé,
le long monologue, un sentiment de désespoir l´envahissait.
Le Sage poursuivit :
- Que peut-on dire à ces hommes qui se dressent en ennemis les uns contre les
autres, se méprisant en chœur ?
Cela est désespérant, mais le véritable ennemi est à
l´intérieur de toi-même, et là est l´espoir car tu
peux le vaincre mais il n´y a que toi qui puisse le faire,
l´enseignement ne peut le faire à ta place.
- Quels mots employer, car les mêmes mots arrosant une terre fertile produiront
la vie, mais sur un sol stérile, ils deviendront culture académique,
dissertation sophistiquée d´érudits.
- Vides-toi pour être rempli.
- Oublies ce que tu appelles amour pour trouver l´Amour.
- Ne te sers pas de ce que je dis pour réconforter tes vieilles idées.
- Brûle tes vieux habits et que le feu interne rénove la nature, que la
Rosée céleste brûle le Sel.
- Aide-toi le ciel t´aidera, porte par laquelle les hommes montent vers Dieu,
porte par laquelle Dieu descend vers les hommes, tel est le double don de
Dieu.
Mieux vaut épreuves, douleurs, malheurs, plutôt que la mort de
l´Esprit !
Le Sage ouvrit un ouvrage sur lequel figurait une photographie de modules
alvéolés groupés en pyramides, concentration estivale pour le
bonheur des masses.
- Regarde, ceci est signe de la mort de l´Esprit.