RB Mémoire de Dieu
L´histoire du Messager
La mission d´RB sur Fomalhaut
L´histoire de la Terre
La deuxième moitié du cycle
Le passé de Fo
Le présent des hommes
Le Dieu Fo prisonnier
Le devenir du Cycle
La parole de Fo
RB, un instant distrait, repris la lecture des inscriptions des Evolutions depuis le
début.
Sur cette planète de première grandeur, l´atmosphère
était à base de formol, les habitants
vivaient dans des cavernes, en tribus et en familles, sur des sortes de sucs de
fermentation. Leurs besoins naturels étaient quasiment nuls exeptée la
nourriture qui se trouvait disponible en abondance.
Les corps des fobiens étaient naturellement carapaçonnés ce qui les
rendaient peu sensibles à la température.
Ils correspondaient entre
eux par télépathie et n´avaient aucun besoin d´habitation
et de confort.
Un Fobien était le prototype idéal d´un être comblé.
Leur forcce était considérable, la plus grande connue de tout le Cosmos. Ils
pouvaient soulever jusqu´à plus de deux cent fois leur propre poids.
RB était songeur.
Comment des êtres aussi favorisés avaient-ils pu sombrer dans
l´incompréhension totale des lois de la Nature ?
Il continua de s´informer.
Leur évolution se déroulait convenablement quand bientôt leur
démographie devint trop importante et l´atmosphère de la
planète devint moins dense.
En conséquence, leur Soleil leur envoya
une lumière trop vive qui devint pour eux insupportable.
Ainsi commença l´évolution proprement dite des Fobiens.
Ils creusèrent des villes souterraines et
s´assemblèrent dans des galeries en groupes de plus en plus nombreux,
pour se protéger de leur Soleil.
Ils durent alors travailler et fabriquer
les ingrédients nécessaires à leur subsistance car ceux-ci
allaient aussi en se raréfiant.
Des nations se formèrent, la société était bien
gérée, intelligente.
La disparité des mœurs et des
activités n´était pas un handicap. Ils s´amusaient et
croyaient aux Dieux.
Cependant, leur démographie croissante et le manque de
nourriture les poussèrent à créer des instituts de recherche pour
y parer.
Ils firent de l´élevage industriel, asservissant les autres
espèces de leur planète et même celles d´autres satellites
de leur système.
Ils étaient les maîtres absolus de leur monde, des anti-dieux.
Pour organiser la totalité de leur
vie. Cet ordinateur réglait tout, pas un fobien n´y échappa,
chacun était fiché.
Les habitants de F0 n´avaient plus aucun
souci, leur seul souhait était le confort, vivre bien sans heurts ni
souffrances.
Alors disparut tout effort de réflexion, ils ne pensaient plus par
eux-mêmes, la facilité primait sur tout.
La Technoctatie était là !
Vint la période d´exacerbation des ambitions et des instincts
possessifs, la période des idéologies.
Ce furent les guerres
atomiques sans merci. A leur suite la démographie connut une nouvelle
expansion favorisée par l´exceptionnelle physiologie des Fobiens.
L´énergie primordiale du Dieu FO se divisait tellement entre ses
créatures que la part réduite de chaque individu s´amenuisait encore de jour en jour.
Pour pallier leur déficience, les Fobiens créèrent différentes prothèses.
Puis vinrent les effets des guerres nucléaires : des mutants naquirent
diformes, apportant en cascade des maladies nouvelles. Les désordres dramatiques
s´accentuèrent.
Pour une super-vie
gérée par un super-ordinateur.
Pour atteindre ce but, la société fut codifiée à l´extrême dans un souci de perfection si poussé
que les lois, en trop grand nombre, n´étaient plus connues que du seul Grand
Ordinateur.
La police faisait respecter durement cet ordre terrifiant.
Pour éviter les inconvénients de l´enfantement, et pallier à
la stérilité grandissante, les savants de Fo mirent au point la
procréation par un seul individu et un seul individu par ville.
Ainsi
naquirent les reines, super-production de sélectivité, pur produit de manipulations
génétiques.
Les reines fonctionnaient à ravir et l´on
se laissa vivre.
Ce n´est que quelques générations plus tard que l´on
s´aperçut que les individus issus de la reine n´obéissaient
qu´à elle seule.
Ainsi les reines furent adorées comme des
déesses.
Avant même leur naissance,
quantifiés en fonction des besoins : tant d´éleveurs, tant de
militaires, tant de savants, tant de policiers...
Fait exceptionnel, tous venaient au monde avec l´équipement physique
adapté à leurs professions.
Société sans outils ni besoins, les Fobiens étaient parvenus au
sommet de la connaissance de l´être charnel totalement structuré.
Les reines aptes à se commander et à diriger voulurent rester seules
maîtres de la société. Elles décidèrent donc de ne
plus fabriquer de savants, puis elles ordonnèrent - décision fatale -
la mort des Vivants en esprit, de ceux qui réfléchissaient encore par
eux-mêmes, de ceux qui possédaient dans leur âme cette
faculté d´être naturellement épris du vrai et prêt à tout pour
l´atteindre.
Les reines donnèrent seulement naissance à des
individus totalement programmés, robots de chair, sans personnalité, morts dans l´âme.
De souterraines, les villes furent désormais construites en hauteur.
Les reines
mirent au monde pour cela des constructeurs aux mâchoires
disproportionnées qui avaient pour tâche de mâcher les
matériaux, les digérer et les transformer en un ciment
extraordinairement résistant.
D´autres spécimens étaient spécialement
sélectionnés pour les travaux de maçonnerie.
Les reines connaissaient les formes aptes à réceptionner les vibrations
d´énergie naturelle elles firent dans ce but édifiés ces cônes
gigantesques.
La liaison entre alvéoles se faisait par un système
de galeries percées en des points choisis de la construction afin que cette
énergie se propage partout.
RB était sidéré : les habitants de Fo étaient devenus des
machines spécialisées pour le service d´un seul.
Plus aucune réflexion, leur seul but, proliférer et aller à la
perfection du perfectionnement.
Plus d´individualité, une masse au
service d´un seul et unique spécimen égal d´un dieu, qui
réglait jusqu´à leurs réflexes.
Ils avaient
oublié pourquoi ils étaient et pourquoi ils fonctionnaient ainsi
inlassablement, sans but.
Le sol de Fo fut bientôt couvert de ces cônes dont les dômes,
chargés d´énergie, vibraient et chauffaient
l´atmosphère, influençant les saisons.
La sècheresse
vint et s´amplifia, mais rien n´arrêtait la prolifération des
Fobiens.
L´énergie avait dépassé la
cote permise et les cerveaux des reines éclatèrent partout,
spontanément, sur toute la planète.
Aucune n´en réchappa.
Là s´arrêtaient les inscriptions des évolutions, depuis,
plus rien !
L´affolement et le désarois des Fobiens fut si grand
qu´ils ne surent même plus se nourrir.
Il ne restait plus d´issue que la mort
qu´ils se donnèrent sans comprendre pourquoi.
Même les autres
espèces, esclaves des Fobiens, disparurent.
Tout sécha sur l´étendue de la planète.
Les prédécesseurs de RB avaient conclu par ces mots :
- " Mort d´une planète par excès de bien-être et
d´organisation ayant amené l´oubli de Dieu ".
Comment ces êtres, superbement doués, proches de Dieu, avaient-ils pu en
arriver à se détruire eux-mêmes au point de détruire
jusqu´à leurs âmes ?
Les cheveux d´RB se dressaient sur
sa tête car il se rappelait ce qu´il avait vu et entendu sur la
planète Terre où Fo avait laissé son empreinte mortelle.
Si RB avait choisi un corps d´homme pour assurer cette mission, c´est
qu´il voulait réagir en tant qu´homme et non en tant que reflet de
quelque chose.
Lui-même n´était qu´énergie pour laquelle
Temps, Espace et Masse ne sont que prothèses, artifices mais il devait agir sur
la matière déjà créée et pour cela obéir
à ses propres lois.
L´enjeu était si grand que la Mémoire de Dieu devait intervenir
directement. Dans une telle circonstance, RB ne pouvait matérialiser seul le
vaisseau. Il lui fallait l´accord et l´aide des Mémoires qui
régissent d´autres galaxies.
Après bien des hésitations,
car la destruction d´une planète est infiniment plus grave que celle
d´un humain, les RB se mirent d´accord et unirent leurs énergies
pour matérialiser un vaisseau spatial avec tout l´équipement
nécessaire, dans cette région de l´univers, au large de la
planète Fo.
C´était pour RB la première intervention de cette sorte et
aussi son plus grand désespoir.
Chaque fois que la
Mémoire de Dieu intervenait directement c´était pour
détruire et anéantir.
Mais il savait que l´enjeu était
toujours le même : Dieu.
Il soupira... Il était la main
exécutrice de la Loi et devait la respecter.
Il pensait aux hommes de la planète Terre qu´il avait bien connus et il
sourit de toute leur littérature sur les soucoupes volantes et autres OVNI.
Les Terriens pensaient que ces vaisseaux mystérieux venaient d´autres
planètes habitées, pilotés par des extra-terrestres.
La description de tels engins s´échelonne au cours des siècles
depuis l´antiquité, les Chinois en parlaient et les figuraient sous forme
de cerf-volants. A la Renaissance, on les représentait comme des
mongolfières.
Selon l´époque, la vision primordiale inconsciente
était habillée, colorée pour s´adapter aux
possibilités techniques du moment.
Les hommes qui voyaient de tels
vaisseaux devaient souhaiter, au fond d´eux-mêmes, qu´une force
supérieure intervienne pour changer la structure de leur société
devenue trop oppressante, c´était un peu le souhait de
l´Apocalypse qu´ils formulaient ainsi par leurs visions.
RB ne souhaitait pas qu´un jour tous les Terriens voient réellement le
vaisseau car cela signifierait leur fin et la faillite de la mission de
la Terre.
Pour cette occasion fatale, le vaisseau n´aurait pas besoin de venir d´une
autre planète, il se matérialiserait là, instantanément;
car d´où aurait-il pu venir ?
Les hommes imaginaient des engins conduits par des êtres en chair et en os, en fait,
en admettant même que leur physiologie soit différente, ils seraient de toute
façon devenus poussière alors même que leurs vaisseaux
n´auraient fait que quelques pas hors de leurs mondes lointains.
La matière ne peut aller plus vite que la lumière et les distances qui
séparent la Terre des autres planètes habitées par des
êtres intelligents sont bien trop colossales pour être franchies par des
êtres matériels !
Quand le vaisseau de RB s´était matérialisé, cela
s´était fait si simplement ! Une pensée et la matière
était née, un son et c´était création.
Pensée, vibration, c´était Dieu, Dieu créateur.
Les quatre milliards d´êtres pensants sur Terre étaient loin de
cette simplicité !
Pourtant Dieu n´est ni un savant, ni un
mathématicien, et l´accès à la Connaissance n´est
réservé ni aux érudits, ni aux intellectuels.
C´est pour cela qu´il est dit : " Un jour proche, même les enfants
sauront. "
RB se mit en contact avec la Terre et il sut que là-bas tout allait de mal en
pis...